Biosécurité au Burkina : Réalisation d’un laboratoire national pour prévenir les risques biologiques

 

L’Agence nationale de biosécurité (ANB) en collaboration avec le ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation, a procédé ce lundi 02 septembre 2019, à l’inauguration du laboratoire national de biosécurité à Ouagadougou. En effet, ce nouveau cadre de recherche permettra au Burkina de prévenir les risques biologiques.

La biosécurité désigne de manière générale, l’ensemble de mesures préventives et réglementaires visant à réduire les risques de diffusion et transmission (accidentelles ou malveillantes) de maladies infectieuses dans les populations humaines, dans les cultures et chez le bétail, et donc les mesures de surveillance et contrôle des ravageurs (ex : mesures de quarantaine) des espèces exotiques envahissantes et les organismes vivants génétiquement modifiés.

Avec l’avènement du changement climatique, de la dégradation des écosystèmes, la démographie, la santé publique, de nombreux défis sont à relever, et c’est ce qui conduit les Hommes vers l’adoption des biotechnologies. Mais pour que cela soit sans conséquence, la biosécurité a été mise en place. Elle consiste à la prévention des risques biologiques notamment ceux qui sont liés au développement des biotechnologies (génie génétique, cultures transgéniques, OGM.) sous un aspect préventif.

En 2003, le Burkina Faso a ratifié ce processus et pour Chantal Zoungrana/Kaboré, Directrice générale de l’Agence nationale de biosécurité (ANB), « ce protocole établit des règles et procédures ainsi que des mesures à prendre qui sont d’ordre administratif, institutionnel, législatif et réglementaire et vise à assurer l’utilisation sans danger des organismes génétiquement modifiés (OMG) susceptibles de nuire à l’environnement et à la santé humaine et animale », explique-t-elle. C’est en 2004 que des règles nationales en matière de sécurité en biotechnologie, seront adoptées lors d’un décret du gouvernement.

L’Agence nationale de biosécurité qui est une autorité de régulation, de contrôle et de veille de toutes les activités biotechnologiques, est ainsi créée en 2005. Un comité scientifique national et un observatoire national de biosécurité qui regroupe des démembrements de l’administration publique et de la société civile, seront donc mis en place. La construction du laboratoire s’inscrit dans ce projet régional de biosécurité en Afrique de l’Ouest (PRBAO) et selon le ministre, elle a été rattachée à l’ANB pour lui assurer une crédibilité et une indépendance.

Le laboratoire de biosécurité dispose de plusieurs plateaux techniques qui lui permettront de détecter, d’identifier et de quantifier les OGM et les nuisibles, une chaîne complète pour les analyses sérologiques et d’acides nucléiques, des équipements pour l’analyse compositionnelle des aliments et des valeurs nutritives, la détermination des résidus de pesticides. Laboratoire de contrôle, elle permettra d’accueillir des stagiaires. Ce laboratoire national pourra ainsi procéder à une analyse biologique dans la protection de la santé humaine, animale et dans la protection de l’environnement. « Le laboratoire national de biosécurité, de par son plateau technique haut de gamme, se positionne comme une base d’un technopôle en matière de biosécurité », confie madame Zoungrana.

« Le laboratoire pourra rendre service à toute personne qui voudra évaluer les organismes vivants. C’est un laboratoire qui, au départ, est conçu pour contrôler les OGM, mais il a été équipé de telle sorte qu’il puisse aussi servir tous les autres départements ministériels (…) Sa spécificité, c’est qu’elle traite des aspects de bio-informatique », poursuit-elle.

Pour le ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation, Alkassoum Maiga, « l’adoption de la biotechnologie doit se faire de façon sécurisée pour en tirer le plus de profit et réduire au maximum les risques potentiels afférant à leur disposition ». En effet, cette prise de conscience a conduit le Burkina Faso à la mise en place « d’un système national de biosécurité, doté d’un dispositif aussi bien juridique qu’institutionnel », ajoute-il. Par ailleurs, la mission de ce laboratoire est de « soutenir les autres pays de la sous-région. Il devra fournir une prestation de qualité et une réponse rapide aux autres pays », fait-il savoir. Il ne manquera pas d’interpeller les structures à travailler en collaboration avec ce laboratoire.

Ce joyau s’élève donc à 565 817 869 FCFA, financé par l’État burkinabè grâce à un prêt de la Banque mondiale, avec des équipements d’une valeur de 825 094 693 F CFA, obtenus par le biais des financements nationaux et un don matériel de l’UEMOA. Le ministre a procédé à la remise officielle de matériels avant d’entamer la visite des différents locaux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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