L’annulation de bourses hors Afrique de certains étudiants : La DG du CIOSPB se prononce après la plainte des concernés

 

Après les plaintes du groupe d’étudiants qui a fait couler beaucoup d’encre par l’entremise de certains médias, la Directrice générale du Centre national de l’information, de l’orientation scolaire et professionnelle et des bourses (CIOSPB), Lydia Rouamba a manifesté sa réaction. Toute déçue, c’est avec un cœur meurtri, à cause de la conjugaison de certains verbes à son égard, qu’elle nous a reçu dans son bureau, ce jeudi 05 septembre 2019 à Ouagadougou. Il était question pour elle d’apporter la lumière sur quelque chose que ce groupe d’étudiants n’a pas comprise.

Comme un conseil d’administration, c’est en présence du conseiller d’orientation du CIOSPB, Alfred Sankara et du chargé de communication Fousséni Badini, que la Directrice générale (DG) du centre en question, nous a reçu en entretien dans son bureau, dans l’après-midi de ce jeudi 05 septembre 2019, sous la demande d’une consœur. Pour la DG Lydia Rouamba, il est impossible de cumuler deux bourses à la fois pendant qu’il y a plus de 43 000 étudiants au Burkina Faso au niveau des bacheliers, surtout quand on sait que l’État n’a offert seulement que 1500 bourses. Ces étudiants qui se disent avoir subi une injustice au degré suprême, ont déjà la bourse nationale et ont postulé encore pour la bourse hors Afrique. Or les textes sont clairs et limpides : “impossible de cumuler deux bourses” .

A titre illustratif, le décret n°2017-1246/PRES/PM/MESRSI/MINEFID/MFPTPS/MJFIP/MAECBE du 28 décembre 2017 à son article 47 stipule que « les étudiants boursiers de cycle licence, conservent leurs bourses s’ils sont inscrits en master au cours de l’année académique suivant celle de l’obtention du diplôme. Et là, vu la situation du retard dans les universités publiques, les étudiants peuvent suspendre leurs bourses pour un an après l’obtention de leur licence avant de s’inscrire ».

Dans un communiqué de presse publié, il est écrit que les services techniques du CIOSPB ont détecté sur la liste des admis à la bourse master 1 hors Afrique 2019-2020, cinq (05) étudiants déjà attributaires de la bourse nationale pour des études de même niveau (master) au titre de l’année académique 2018-2019 au Burkina Faso. Et selon le communiqué, cette fameuse liste a été retirée du tableau d’affichage et aucune attestation de bourse n’avait été délivrée en ce moment à un étudiant. A cet effet, les cinq étudiants ont été retirés de la liste, question de se conformer au fait qu’on ne peut pas abandonner une bourse en cours de cycle et postuler pour une nouvelle bourse dans le même cycle, parce qu’il n’y a pas de bourses de mobilité interuniversitaire. Alors, ils ont été remplacés par d’autres postulants qui n’ont pas de bourse nationale, malgré que leur moyenne soit inférieure à celle des cinq retirés. Doit-on encore parler d’injustice ou de coup de force ? Ce qui suscite beaucoup d’interrogation dans cette affaire, c’est que ces mêmes étudiants ont été mis au parfum le 3 septembre dernier de ce qui s’est réellement passé.

Et ce qui est intéressant, c’est que les intéressés ont été reçus par la Directrice générale du CIOSPB, selon ses propos, qui leur a présenté ses excuses et leur a expliqué les raisons pour lesquelles la commission est revenue sur les premiers résultats. Si c’est exactement ce qui s’est passé, pourquoi crient-ils au secours ? Ont-ils vraiment cherché à comprendre ce que madame Rouamba a voulu dire ? Autant d’interrogations qui suscitent à elles seules beaucoup de réflexions. Selon le propos du conseiller Alfred Sankara, ces plaignants sont bien au courant qu’il est impossible de cumuler deux bourses.

A entendre la Directrice générale du CIOSPB, une première catégorie d’étudiants qui a déjà la bourse nationale et voulant postuler pour la bourse hors Afrique, est venue d’abord se renseigner voir si elle pouvait le faire et a même proposé de rembourser la bourse nationale. Mais la réponse a été non. La DG continue en indiquant qu’une deuxième catégorie avait déjà postulé mais a été détectée à temps. Cependant, la troisième catégorie dont figurent les cinq étudiants retirés, ne s’est pas renseignée avant de postuler, et c’est là que ces derniers sont passés par les mailles du filet, pour se retrouver sur la liste des admis sans que les agents du CIOSPB ne s’en aperçoivent.

Par contre, une boursière parmi les cinq, a révélé qu’elle connait des étudiants qui avaient la bourse nationale et qui ont postulé pour la bourse hors Afrique. Ces étudiants, disait-elle, sont aujourd’hui à l’étranger en train d’étudier. A ce propos, le chargé de communication, Fousséni Badini soutiendra que cela a pu être possible parce qu’avant, il n’y avait pas de système informatisé sinon, c’est illégal. En ce qui concerne ces étudiants, leur bourse a été coupée. Maintenant que tout est informatisé, assure-t-il, il serait difficile voire impossible que de telles fautes se répètent. Enfin de compte, y a-t-il lieu d’avouer que ces étudiants en question ont tort et que la Directrice générale du CIOSPB a raison ? Ou, est-il impossible de trancher ? Ce qui est sûr, les deux versions sont là et il revient à chacun d’en juger.

 

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