Burkina : Un officier de police écrit une lettre ouverte au Président du Faso

 

Ceci est une lettre ouverte d’un officier de Police adressée au Président du Faso.

La situation des officiers professionnels de la police nationale

Monsieur le Président du Faso, je viens par la présente vous demander d’intervenir très urgemment pour corriger l’injustice que des officiers professionnels vivent à la police nationale.

Monsieur le Président du Faso, la loi n 045-2010/AN du 14 décembre 2010 portant statut du personnel de la police nationale, avait mis un (…) système en place qui faisait conserver les indices des officiers issus du concours professionnel lorsque leur indice dépassait celui des officiers issus du concours direct. Pendant que les promotionnaires assistants de celui issu du concours professionnel avancent normalement.

Par exemple, je suis «A» et j’ai été recruté assistant de police. Mon indice est de 250 à ma sortie de l’école de police. Au fil des années, j’ai été avancé et mon indice est 450. En 2014, je suis admis au concours professionnel des officiers de police. A ma sortie de l’école en 2016, j’ai été conservé et mon indice est toujours 450 ; soit disant que mon indice dépasse celui de mon promotionnaire officier issu du concours direct qui est de 350. Et mon avancement prendra effet lorsque l’indice de mon promotionnaire officier issu du concours direct va atteindre ou dépasser le mien qui est toujours 450. Pendant ce temps, mon promotionnaire Assistant de police qui n’a jamais réussi à un concours professionnel et qui avait indice 450 continue d’avancer sans problème et me dépasse en traitement salarial.

Une relecture de cette loi a eu lieu et fut adoptée le 1er juin 2018 la loi n° 027-2018/AN portant statut du cadre de la police nationale pour résoudre définitivement le problème des officiers professionnels.

Pour le reversement des officiers professionnels dans cette nouvelle loi, l’UNAPOL a fait un travail de reversement de ces officiers en tenant compte de leurs promotionnaires sortis en 2018 à l’issue du concours professionnel. Autrement dit tous les officiers professionnels sortis avant 2018 et qui étaient conservés dans leur avancement, devaient être reversés en prenant leur indice de départ à partir de l’indice de leurs promotionnaires sortis de l’école en 2018 et on ajoute les échelons conservés afin de corriger cette injustice. Ce qui convient effectivement aux officiers concernés.

A titre illustratif : soit «B» le promotionnaire assistant de police de «A» qui a réussi à son concours professionnel des officiers de police en 2016 et est sorti de l’académie de police en 2018. En application de la loi n° 027-2018/AN, «B» a été reversé à l’indice 700 dans le corps des officiers. Et «A» sorti en 2016 doit être reversé à l’indice 700 plus un échelon qu’il a conservé depuis sa sortie de l’école. Si un échelon donne 75 points, « A » aura comme indice 700+75=775 et ainsi de suite pour les mêmes promotionnaires sortis avant eux à l’issu du concours professionnel.

La restitution de ce travail de l’UNAPOL nous avait été faite et tout le monde avait applaudi ce système qui devait corriger cette injustice dont vivent les officiers professionnels de la police nationale du BF.

Les arrêtés de reversement ont été proposés par l’UNAPOL et le ministre de la sécurité devait les signer depuis le 1er juillet 2019. A notre grand étonnement, un groupe de commissaires de police s’est opposé à la signature de ces arrêtés sans une raison valable. Ce groupe de commissaires de police veut que «A» sorti en 2016 et qui avait 450 comme indice soit reversé dans la loi n° 027-2018/AN sans tenir compte de son promotionnaire « B » sorti en 2018. Donc « A » qui avait indice 450, aura pour équivalence indice 650 alors que « B » a indice 700. Ce qui veut dire que « A » n’a jamais réussi à un concours professionnel. Et pire encore, les promotionnaires assistants de police de « A » et « B », qui n’ont jamais osé passer un concours professionnel, ont indice 680 et sont mieux payés que « A » qui est officier de police depuis 2016.

Par conséquent, il est impératif que « A » soit reversé à l’indice 775 proposé par l’UNAPOL et chaque promotion évoluera en fonction du temps mis dans le corps des officiers.

Monsieur le Président du Faso, qu’est-ce que les officiers professionnels ont fait au Burkina Faso pour mériter cette injustice ?

Pourquoi le ministre de la sécurité refuse de signer les arrêtés proposés par l’UNAPOL ?

Les officiers professionnels ne veulent plus autres propositions en dehors de celles proposées par l’UNAPOL.

Pourquoi ce groupe de commissaire de police veut que « B » sorti en 2018 dépasse « A » sorti en 2016 en traitement salarial.

Pourquoi, si c’est le travail, c’est l’officier de police qui est devant et si c’est l’argent, il est mis à l’écart ?

Pourquoi faut-il alors recruter les officiers professionnels ?

Monsieur le Président du Faso, les officiers professionnels ne savent plus à quel saint se vouer et exigent que leur situation soit corrigée au plus tard le 30 octobre 2019.

Monsieur le Président du Faso, les officiers de police n’ont pas de situation administrative présentement. Ils ne sont ni dans la loi n° 045-2010/AN, ni dans la loi n° 027-2018/AN.

NB : Total des officiers concernés : environ 1200 personnes composées de 761 personnes qui n’ont jamais été reversées dans la loi n°027-2018 et 439 personnes reversées avec insuffisance.

Les officiers professionnels prennent l’opinion nationale et internationale à témoin de leur situation administrative.

Je vous remercie.

Ouagadougou, le 7 octobre 2019

A. S.

Officier professionnel de la police nationale

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